Bleuet en corymbe

Le bleuet cultivé ou bleuet en corymbe vaccinium corymbosum (highbush blueberry) tire son origine d’une variété de bleuets sauvages. Dans les années 1930-1940, des chercheurs américains (Elizabeth White, Frederick Coville, George Darrow) ont sélectionné les plants les plus vigoureux, puis par hybridation ont créé des variétés qui donnent des fruits plus gros, plus sucrés, plus résistants; depuis lors les recherches se poursuivent pour trouver des variétés mieux adaptées à nos climats. Le terme corymbe, du grec korumbos (bouquet), désigne la position que prennent les fleurs et qui donne des grappes de fruits lesquels, contrairement aux raisins, ne mûrissent pas tous en même temps. Le bleuet en corymbe est désormais cultivé à travers le monde (Australie, Nouvelle Zélande, Chili, Chine). Aux États-Unis,   les états du New Jersey et du Michigan particulièrement, sont responsables de 55% de la production mondiale. Ainsi on peut trouver, même en hiver, des bleuets frais sur les tablettes d’épicerie, mais pour supporter le transport ces fruits ont été cueillis avant d’atteindre leur pleine maturité de sorte que bien souvent leur goût est plutôt fade.

Au Canada, la Colombie Britannique est le principal producteur de bleuet en corymbe, on le cultive sur plus de 5000 hectares. Au Québec, quoique quelques producteurs du sud-ouest de la province le cultivent depuis au moins 40 ans, ce n’est que dernièrement que cette culture a pris son essor. À l’heure actuelle, on compterait 300 entreprises engagées dans la production de bleuets en corymbe dont une quarantaine dans la Vallée du Haut-St-Laurent. La culture du bleuet en corymbe nécessite des soins particuliers : le sol doit être acide, composé de matière organique et maintenu humide. Le plant n’acquiert sa maturité qu’après sept ans de croissance et pourrait vivre au-delà de trente ans. Le bleuetier peut atteindre de un à deux mètres de hauteur et les fruits sont cueillis de la mi-juillet à la fin août. Ici au Québec, les froids extrêmes de l’hiver (-30°C) sont le principal ennemi du bleuet en corymbe, les bourgeons qui se forment à l’automne sont « brûlés » à de telles températures.